
Ce chapitre décrit les conséquences de l’évolution du climat pour le Nord canadien, ainsi que les caractéristiques environnementales, sociales et économiques et les principaux moteurs de ses effets sur les communautés et les personnes qui y vivent. Depuis cinquante ans, la région est le cadre d’un e rapide évolution sociale, économique, politique et culturelle qui, historiquement, n’a pas grand-chose à voir avec l’évolution du climat, mais qui est maintenant accentuée par elle. La population de cette région présente aussi des caractéristiques uniques sur plusieurs plans : la démographie, la culture, les modes d’établissement, les compétences et les résultats pour la santé. Ce contexte est important, car il guide le choix des stratégies d’adaptation aux effets du changement climatique. Entre autres données publiées, le présent chapitre s’inspire du chapitre « Nord du Canada » de Vivre avec les changements climatiques au Canada : édition 2007 (Furgal et Prowse, 2008).
Notre climat évolue. De plus en plus, les données scientifiques confirment que l’activité humaine est une des causes principales de ce changement. En plus des facteurs naturels de la variabilité du climat, nous contribuons à la hausse des températures moyennes de l’air, du sol et des océans, à la fonte généralisée de la glace de mer, à l’élévation du niveau de la mer, à l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes et à l’évolution des conditions de neige, de pluie et de glace terrestre. D’après l’évaluation scientifique de 2007 réalisée par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, les températures mondiales moyennes ont augmenté de 0,8 °C depuis l’époque préindustrielle, et l’impulsion donnée au système climatique rend probablement inévitable une hausse supplémentaire de 0,6ºC [4].
Le changement climatique se produit graduellement, mais la poursuite des tendances relatives aux émissions mondiales de GES pourrait susciter la transformation soudaine et majeure de composantes importantes du système climatique, dont les effets rapides et généralisés dépasseraient la capacité d’adaptation des humains et des écosystèmes. Le dépérissement massif des cimes dans la vaste forêt boréale, la fonte rapide de la glace de mer dans l’Arctique et la fonte généralisée du pergélisol sont des exemples d’événements catastrophiques dont les répercussions exacerbent encore plus le changement climatique. La fonte généralisée du pergélisol dans certains types de terrain libérerait d’énormes quantités de GES dans l’atmosphère. La fonte massive de la glace et de la neige réduit la capacité qu’a la Terre de refléter le rayonnement du Soleil dans l’atmosphère; ainsi, un Arctique libre de glaces emprisonne davantage de chaleur et amplifie le réchauffement.
Au Canada, les effets de l’évolution du climat sont déjà apparents et particulièrement marqués dans le Nord du pays. Les évaluations canadiennes des effets du changement climatique et des mesures d’adaptation brossent un tableau des points vulnérables à l’échelle régionale et sectorielle[5]. Les effets du changement climatique se font sentir dans toutes les régions du Canada; ils présentent des risques d’ordre environnemental, social et économique, ainsi que certaines occasions. Cependant, le Nord est déjà et demeurera la région la plus touchée, le réchauffement y étant plus rapide que dans l’ensemble du Canada. Cette tendance camoufle d’importants écarts à l’échelle locale : en effet, le réchauffement est plus rapide qu’ailleurs dans certains secteurs, telle la vallée du Mackenzie.
Les changements que vit l’Arctique surviennent à un rythme beaucoup plus rapide que ne le prévoyaient les projections scientifiques, même les plus pessimistes. La fonte accélérée de la glace de mer de l’Arctique est l’exemple le plus probant de la sous-estimation par les projections scientifiques du rythme et de l’ampleur des changements qui se produisent dans cette région. En 2004, l’Évaluation de l’impact du changement climatique dans l’Arctique prévoyait que d’ici 2050, les eaux de l’Arctique seraient libres de glace en été. D’après des constatations récentes, ce phénomène pourrait se produire d’ici dix ans à peine[6]. Il convient également de souligner que le passage du Nord-Ouest a été navigable au cours des quatre derniers étés. Les autres transformations importantes des systèmes glaciaires et niveaux de la Terre qui surviennent à un rythme plus rapide que ne le prévoyaient les projections modélisées sont le recul et l’amincissement importants des glaciers de l’inlandsis du Groenland, ainsi que le rythme de la fonte du pergélisol. Des données émanant de collectivités nordiques du Canada indiquent que l’évolution rapide des conditions climatiques a entraîné la fonte du pergélisol à un rythme sans précédent dont les effets se font sentir sur pratiquement tous les types de structures bâties de la région. L’écart entre les changements observés et attendus laisse supposer soit que les modèles climatiques mondiaux ne reproduisent pas correctement les processus glaciaux et nivaux, soit que les changements à l’échelle mondiale se produisent plus vite que prévu, ce qui est particulièrement évident dans l’Arctique[7].
À la lumière des nouveaux constats scientifiques, les projections de l’évolution de deux indicateurs climatiques dans le Nord canadien, présentées aux tableaux 1 et 2, sont très probablement en deçà de la réalité. Nous pouvons quand même en tirer quelques observations. D’ici la fin du siècle, les conditions moyennes dans le Nord canadien seront probablement nettement plus chaudes et plus humides qu’aujourd’hui. L’évolution des températures sera vraisemblablement plus marquée pendant les mois d’automne et d’hiver que pendant les autres saisons. Entre autres conséquences, un adoucissement important des hivers serait bénéfique pour ce qui est de la réduction des coûts de chauffage, mais il pourrait aussi faciliter la propagation de ravageurs forestiers. Pour ce qui est des précipitations, les changements relatifs seront modérés et comparables d’une saison à l’autre, et on s’attend à des variations de proportion entre les précipitations de pluie et de neige. Le réchauffement, l’allongement des saisons sans glace et le changement de configuration des vents sont susceptibles d’influer sur l’évaporativité, ce qui aura des répercussions sur le niveau des lacs et le taux d’humidité des sols.
| TABLEAU 1 : Changements prévus aux températures et précipitations dans le Nord canadien | ||||||
| Changements moyens des températures annuelles (º Celsius) | Changements moyens des précipitations annuelles (%) | |||||
| 2020 | 2050 | 2080 | 2020 | 2050 | 2080 | |
| Ouest | 1 à 3 | 2 à 9 | 3 à 12 | -5 à 8 | 0 à 20 | 0 à 40 |
| Est | 1 à 3 | 2 à 6 | 4 à 12 | -5 à 7 | 0 à 15 | 5 à 20 |
Source: Furgal et Prowse (2008). Les plages reposent sur des parcelles dispersées provenant des prévisions de sept modèles de climat mondial et d’une combinaison de scénarios d’émissions. Projectors are relative to a 1961-1990 baseline. La division entre « l’ouest » et « l’est » se situe au 102º de longitude. Voir les détails dans la documentation. |
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| TABLEAU 2 : Changements prévus aux températures saisonnières et précipitations dans le Nord canadien |
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| Changements des températures hivernales 2050 (ºCelsius) |
Changements des températures hivernales 2050 (%) |
Changements des températures printanières 2050 (ºCelsius) |
Changements des températures estivales 2050 (%) |
Changements des températures estivales 2050 (ºCelsius) |
Changements des températures automnales 2050 (%) |
Changements des températures hivernales 2050 (ºCelsius) |
Changements des températures hivernales2050 (%) |
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| Ouest | 3 à 11 | -7 à 35 | 2 à 6 | 0 à 30 | 1 à 3 | 5 à 15 | 3 à 10 | 5 à 25 |
| Est | 4 à 9 | -7 à 40 | 2 à 5 | 0 à 25 | 1 à 3 | 5 à 20 | 3 à 9 | 3 à 30 |
Source: Furgal et Prowse (2008). Les plages reposent sur des parcelles dispersées provenant des prévisions de sept modèles de climat mondial et d’une combinaison de scénarios d’émissions. Projectors are relative to a 1961-1990 baseline. La division entre « l’ouest » et « l’est » se situe au 102º de longitude. Voir les détails dans la documentation. |
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Outre l’évolution des moyennes, les phénomènes météorologiques extrêmes sont susceptibles de gagner en fréquence et en gravité. Les faits observés jusqu’ici laissent supposer une intensité accrue des précipitations extrêmes et une fréquence réduite des précipitations d’intensité faible ou modérée. Il pourrait y avoir aussi une augmentation de la vitesse de pointe des vents lors des orages intenses; la fréquence des cas de foudroiement pourrait aussi augmenter[8]. Les données scientifiques indiquent également une tendance à l’accélération de l’activité orageuse dans l’Arctique[9].
Le réchauffement rapide du climat dans le Nord canadien s’accompagne d’un large éventail de changements de conditions physiques. Le tableau 3 ci-après dresse la liste des principaux changements documentés dans les écrits scientifiques. Au chapitre 3, nous expliquons les conséquences de ces changements pour l’infrastructure du Nord et pour les personnes et les industries qui comptent sur ces systèmes.
| TABLEAU 3 : Effets physiques du changement climatique dans le Nord canadien |
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| Effets sur les systèmes aquatiques, la glace et la neige |
Effets sur les écosystèmes |
A. Le réchauffement (air et océans), la monté du niveau de la mer et une réduction de l’étendue couverte par la glace marine contribuent à une érosion côtière accélérée. B. Une réduction de l’étendue couverte par la glace marine et de son épaisseur. Parmi d’autres facteurs, celui-ci peut signifier un Arctique libre de glace de manière saisonnière pendant ce siècle, peut-être dès la fin de la prochaine décennie. Une perte rapide de la glace marine pendant les mois d’été peut aussi entraîner un réchauffement terrestre et déclencher une dégradation rapide du pergélisol. C. La fonte des glaciers et des nappes de glace contribue à la montée mondiale du niveau de la mer. L’hydrologie régionale pourrait être modifiée en raison de la fonte des glaciers de montagne. D. Un réchauffement et un dégel du pergélisol (surface et profondeur) avec des répercussions sur les eaux souterraines comme source contribuant à l’écoulement fluvial. Le pergélisol discontinu des limites sud pourrait disparaître. Une fonte à grande échelle du pergélisol entraîne des répercussions mondiales car le processus libérera des GES (méthane) dans l’atmosphère contribuant davantage au réchauffement de l’atmosphère. E. Une débâcle hâtive des rivières et des lacs, une couche de glace plus mince. F. Variations de la durée et des caractéristiques de la saison des neiges, variations régionales de l’enneigement, augmentation de la fréquence de la neige se changeant en pluie G. Des changements au débit d’eau et une tendance qui variera entre les régions. |
H. Productivité, portée et abondance accrues de certaines espèces de plante (graminées, carex, espèces à fleurs). Les créneaux écologiques des espèces vivant en hautes latitudes ou uniquement nordiques diminueront. Décalage dans la composition des espèces et la structure de l’écosystème (p.ex.: remplacement de la toundra arctique par la forêt boréale aux limites sud; changements du régime des perturbations naturelles, notamment les parasites de forêt et les feux de forêt). I. Vulnérabilité accrue de l’eau douce et des espèces marines adaptées à la plage étroite des conditions climatiques de l’Arctique. Menace accrue en raison de la perte d’habitats et de la compétition découlant de la progression vers le nord d’espèces du sud. |
Sources : Anisimov et al. (2007), Furgal et Prowse (2008), Lawrence et al. (2008), OMM (2009), Richardson et al. (2009).
Définition du Nord
Le Nord canadien est une désignation à la fois géographique et politique. Le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut sont trois entités distinctes qui constituent le Nord territorial du Canada. Les aspects environnementaux et culturels des latitudes septentrionales de plusieurs provinces – la Colombie-Britannique, l’Alberta, la Saskatchewan, le Manitoba, l’Ontario, le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador – s’étendent « au nord du 60e », au-delà des frontières politiques des territoires. Il en ressort deux constats : premièrement, bien que la TRNEE se penche principalement sur les trois territoires connus collectivement comme le Nord, bon nombre de ses conclusions et recommandations peuvent être prises en considération et mises en application par ces provinces; deuxièmement, bien que notre rapport cible le « Nord canadien » dans le contexte des trois territoires, il convient de garder à l’esprit la diversité de cette région, ce qui nous oblige à approfondir les modes d’application possibles de nos conclusions et recommandations pour chaque territoire.
Milieu physique
Le Nord canadien est très vaste. S’étendant sur plus de 3,5 millions de kilomètres carrés, les trois territoires nordiques du Canada totalisent plus de 40 pour 100 de la masse continentale de notre pays (voir la figure 3)[10]. À lui seul, le Nunavut a une superficie comparable à celle de l’Europe de l’Ouest.
Un certain nombre de caractéristiques physiques façonnent l’environnement rude et fragile et l’abondance de ressources naturelles qui caractérisent cette région :
Climat. Les climats nordiques comportent des hivers longs et froids et des étés de courte durée, assortis d’importants écarts d’un endroit, d’une saison et d’une décennie à l’autre. Les températures moyennes annuelles varient de –1 à –5 °C dans les secteurs les plus au sud de la région, tandis que dans les îles du Haut-Arctique canadien, elles s’approchent de –18 °C [11]. Au sud du Haut-Arctique canadien, les étés peuvent être assez chauds, les températures moyennes s’échelonnant de 7 à 14ºC[12]. Les températures maximales quotidiennes observées à Whitehorse et à Yellowknife en juillet et août sont légèrement supérieures à 20 °C[13]. En moyenne, la région a un climat relativement sec; c’est dans le sud des Territoires du Nord-Ouest, au Yukon et dans l’est du Nunavut qu’on observe les plus fortes précipitations.
Relief. Les paysages diversifiés du Canada forment huit régions distinctes, les régions physiographiques. Chacune de ces régions est associée à une combinaison particulière de ressources minérales, pétrolières, gazières et forestières. Le Nord canadien englobe six régions physiographiques, dont trois s’étendent vers le sud jusqu’à la frontière des États-Unis. Par exemple, la région de la Cordillère, avec ses montagnes abruptes et ses étroites vallées, comprend la majeure partie du Yukon et de la Colombie-Britannique, s’étendant jusque dans l’ouest des Territoires du Nord-Ouest. Les Plaines intérieures, formées de plateaux de faible altitude et de vastes zones humides, englobent une portion du Yukon, une grande partie des Territoires du Nord-Ouest, l’Alberta et les portions sud de la Saskatchewan et du Manitoba. Le Bouclier canadien, avec sa roche-mère dénudée, ses lacs et ses marécages, englobe la portion orientale des Territoires du Nord-Ouest, le sud du Nunavut et une grande partie de l’Ontario, du Québec et de Terre-Neuve-et-Labrador.

Pergélisol. Le pergélisol et la glace souterraine qui lui est associée exercent une influence majeure sur les processus naturels (la formation du relief, les réseaux hydrographiques) et sur les activités humaines (l’aménagement de l’infrastructure, l’activité pétrolière, gazière et minière) dans le Nord canadien. Les parties septentrionales de la région reposent sur un pergélisol continu, dont l’épaisseur atteint parfois plusieurs centaines de mètres; l’étendue et l’épaisseur du pergélisol deviennent plus irrégulières dans les secteurs plus au sud (voir la figure 3).
Eau douce. Le Nord canadien contient d’abondantes ressources en eau douce qui représentent, en superficie, environ 37 pour 100 du total canadien, 20 pour 100 des zones humides du Canada et le plus vaste bassin hydrographique du pays (celui du fleuve Mackenzie, qui couvre 1 805 200 km2)[14]. Une couverture de glace s’étend sur les lacs et les rivières à certaines saisons. Dans certains secteurs du Grand Nord, la glace ne fond pas complètement et s’accumule au fil des ans.
Milieu marin. Les principales mers septentrionales sont l’océan Arctique, la mer de Beaufort, la baie d’Hudson, le bassin Foxe, la baie Baffin, la mer de Lincoln et les passages et détroits de l’archipel Arctique (voir la figure 3). Trois des cinq écozones marines du Canada, qui sont des zones distinctes sur le plan écologique ayant des caractéristiques physiques et une vie animale et végétale qui leur sont propres, sont représentées dans ces eaux[15]. Les mers nordiques demeurent gelées sur une base saisonnière ou pluriannuelle; dans certains cas, la glace de mer s’accumule sur plusieurs mètres d’épaisseur.
Milieu terrestre. Dernier exemple de la diversité biophysique du Nord canadien, la région comprend huit des quinze écozones terrestres du Canada, englobant un large éventail d’espèces végétales et animales, de climats et de formes de relief. Le tableau 4 illustre les principales caractéristiques des trois écozones où se trouvent les capitales des trois territoires.
| TABLEAU 4: Portrait de la diversité naturelle de la région | |||
| Cordillère boréale | Bouclier de la taïga | Extrême Arctique | |
| Exemples d’établissements | La plupart de la population du Yukon, y compris la ville de Whitehorse | Yellowknife (Territoires du Nord-Ouest), Uranium City (Saskatchewan), Churchill Falls et Labrador City (Labrador) | Approximativement vingt collectivités du Nunavut, y compris la ville de Iqaluit |
| Reliefs du terrain |
Très montagneux avec plateaux recouverts de glaciers et vallées séparées par de larges plaines basses | Collines de roche de fond ancienne, parsemée de millions de lacs et de marécages | Plaines stériles, grands plateaux à l’intérieur. Le pergélisol est prépondérant. |
| Climat | Hivers longs et froids, étés courts et frais En plus haute altitude (au-delà de la limite forestière), froid, venteux et neigeux |
Climat sub-arctique d’hivers longs et froids, d’été courts et frais; précipitations faibles à modérées | Très froid et sec Neige au sol pendant la plupart de l’année |
| Faune et flore | Orignal, caribou des bois, chèvre de montagne, mouflon blanc, lagopède des saules Épinette blanche, sapin, pin et peuplier-tremble subalpins. Bouleau glanduleux et saule en plus haute altitude |
Caribou de la toundra, ours noir et grizzly, lièvre d’Amérique Forêts claires d’épinette noire, de pin gris, de bouleau à papier, de peuplier-tremble. Lichen et arbustes sur les affleurements nus |
Boeuf musqué, caribou de Peary et caribou de la toundra, ours polaire, oie des neiges, lièvre arctique, lemming à collerette Végétation éparse – comprend carex, mousses, lichens, pavot d’Islande |
Sources : Furgal et Prowse (2008); Environmement Canada — Base d’informations sur l’état de l’environnement : Écozones du Canada |
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Population et économies
Les lieux où les gens vivent et leur façon de gagner leur vie sont des considérations fondamentales pour ce qui est de la capacité d’adaptation au changement climatique d’une région, quelle qu’elle soit. La population du Nord canadien est dispersée, mais plus ou moins répartie sur le territoire, où l’accès aux côtes et aux voies navigables dominent les modèles d’établissement. Environ 108 000 personnes vivent dans les trois territoires du Nord, ce qui représente environ 0,3 pour 100 de la population canadienne[16]. Les capitales territoriales regroupent environ 45 pour 100 de la population du Nord canadien, bien que la densité de la population varie d’une capitale à l’autre. Soixante-dix pour cent de la population du Yukon vit à Whitehorse, tandis que seulement 20 pour 100 de celle du Nunavut vit à Iqaluit. En fait, la majorité des résidants du Nunavut vivent dans des collectivités de moins de 1 000 habitants[17]. L’accès à la côte et à la navigation a façonné les modèles d’établissement : les deux tiers des collectivités nordiques actuelles sont situés sur la côte. Au Nunavut, c’est le cas de toutes les collectivités sauf une.
La population du Nord canadien est plus jeune que celle de l’ensemble du Canada. L’âge médian est de 38 ans au Yukon, 31 ans dans les Territoires du Nord-Ouest, 23 ans au Nunavut et 40 ans au Canada. Les taux de natalité de la région ont diminué depuis 50 ans, mais ils demeurent nettement supérieurs à la norme nationale. Au Nunavut, le taux de fertilité atteint le double de la moyenne nationale, ce qui a plusieurs répercussions sur la demande en infrastructures publiques, en particulier les écoles, les installations récréatives et les hôpitaux[18]. D’après les projections démographiques, des trois territoires, ce sont les Territoires du Nord-Ouest qui connaîtront les plus forts taux de croissance d’ici une vingtaine d’années[19]. Du point de vue communautaire, il pourrait s’avérer très compliqué de réagir à ces taux de croissance par l’offre de nouveaux logements et services. Il est particulièrement difficile d’absorber l’influx rapide de résidants associé à une phase d’expansion de l’activité économique dans une collectivité.
La représentation autochtone est beaucoup plus importante dans le Nord canadien que dans l’ensemble du Canada. Environ 85 pour 100 des citoyens du Nunavut s’identifient comme étant autochtones; cette proportion est de 50 pour 100 aux Territoires du Nord-Ouest et de 25 pour 100 au Yukon. Le poids démographique relatif des Premières nations, des Métis et des Inuits diffère d’un territoire à l’autre (tableaux 5 et 6). La part relative des Autochtones et des non-Autochtones dans le Nord canadien, en particulier au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest, a évolué considérablement depuis 50 ans en raison du développement industriel et du transfert au Nord de la responsabilité d’administrer et gérer les terres, les eaux, la faune et les autres ressources naturelles de la région.
| Tableau 5 : Population autochtone dans le Nord | ||||
| Canada | Yukon | Territoires du Nord-Ouest |
Nunavut | |
| Autochtones | 4% | 25% | 50% | 85% |
| Non autochtones | 96% | 75% | 50% | 15% |
« Autochtone » fait référence aux personnes qui se sont identifiées comme appartenant à au moins un groupe d’autochtones (Premières nations, Métis ou Inuit) et/ou ont un statut d’indien enregistré et/ou appartiennent à une Premières nations ou à une bande. Source : Statistique Canada — Recensement de 2006 — Profil de la collectivité. |
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| Tableau 6 : Catégories de groupes culturels autochtones habitant le Nord | |||
| Yukon | Territoires du Nord-Ouest |
Nunavut | |
| Premières nations | 83% | 61% | 0% |
| Métis | 11% | 17% | 1% |
| Inuit | 3% | 20% | 99% |
| Les pourcentages peuvent ne pas totaliser 100 car les réponses autres que celles indiquant une appartenance à un des trois principaux groupes d’autochtones sont exclues du tableau. Source : Statistique Canada — Recensement de 2006 — Profil de la collectivité. |
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Divers indicateurs socio-économiques font ressortir la diversité des situations à l’échelle du Nord canadien et les contraintes relatives à la capacité des gens, des collectivités et des gouvernements nordiques à planifier le changement et à s’y adapter, quelle qu’en soit la source.
État de santé. À plusieurs égards, l’état de santé des Canadiens du Nord – en particulier les résidants du Nunavut et les Autochtones – est inférieur à la moyenne nationale. L’espérance de vie dans le Nord canadien est plus basse que la moyenne canadienne, les taux de mortalité infantile sont plus élevés au Yukon et au Nunavut, et les taux de mortalité attribuables à des blessures accidentelles sont de 1,7 à 3,4 fois plus élevés que la moyenne nationale[20]. Une participation plus forte aux activités rattachées aux ressources naturelles explique en partie le nombre relativement élevé de décès résultant de blessures accidentelles. Les taux de suicide au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest sont près du double du taux canadien. La situation est encore pire au Nunavut, où le taux de suicide atteint près de neuf fois la moyenne nationale[21]. Les traditions culturelles, les habitudes personnelles et l’évolution des régimes alimentaires ont également une influence sur l’état de santé de la population.
Accès aux services. La prestation des services publics dans le Nord canadien coûte cher. Cela est dû à la distance des marchés, à la faible densité démographique, aux bassins de compétences relativement modestes, au maigre choix de modes de transport et aux dés économies d’échelle qui y sont associées. À leur tour, les coûts élevés ont une incidence sur la disponibilité et l’accessibilité des services. Par exemple, la disponibilité de médecins praticiens par habitant est beaucoup plus faible dans le Nord canadien que dans toute autre région du Canada[22]. Le tableau 7 établit une comparaison entre les dépenses en services publics des administrations locales (municipales) qui, en l’absence d’une assiette d’impôts fonciers, dépendent largement des paiements de transfert et des contributions de sources extérieures.
| Tableau 7 : Coût des services dans le Nord | ||||
| Canada | Yukon | Territoires du Nord-Ouest |
Nunavut | |
| Dépenses totales en 2007 ($ par habitant)* | 3 406 | 2 198 | 4 830 | 4 961 |
| Services gouvernementaux généraux | 209 | 384 | 549 | 798 |
| Protection des personnes et des biens | 333 | 341 | 196 | 164 |
| Transport et communication | 420 | 465 | 570 | 1 096 |
| Santé | 51 | 5 | 43 | 106 |
| Conservation des ressources et développement industriel | 44 | 22 | 35 | 50 |
| Environnement | 378 | 341 | 916 | 1 212 |
| Récréation et culture | 260 | 431 | 555 | 627 |
| Habitation | 71 | 141 | 87 | 334 |
| Planification et développement régionaux | 42 | 28 | 52 | 256 |
| Source : Statistique Canada, CANSIM, tableau 385-0003, consulté le 19 avril 2009. *Le tableau montre les dépenses totales et un sous-ensemble de dépenses spécifiques. |
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Éducation et compétences. Le niveau d’instruction et la répartition des compétences varient d’un territoire à l’autre du Nord canadien. Au Yukon, le niveau d’instruction est semblable à la moyenne nationale, mais il est plus faible dans les Territoires du Nord-Ouest et encore plus au Nunavut. Chez les Canadiens de 15 ans ou plus, une personne sur deux a fait des études postsecondaires; au Nunavut, la proportion est d’une personne sur trois[23]. Dans l’ensemble du Nord canadien les compétences dans les disciplines associées à l’infrastructure physique sont comparables à la composition nationale (voir la figure 4); au Nunavut, cependant, les personnes ayant une formation en architecture, en génie et en technologies connexes, ainsi qu’en commerce, en gestion et en administration sont sous-représentées. Il ne faut pas sous-estimer les disparités interrégionales qui existent sur le plan de l’éducation et des compétences, en particulier dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut. Par exemple, les taux d’achèvement des études postsecondaires à Fort Good Hope (Territoires du Nord-Ouest) et à Hall Beach (Nunavut), deux collectivités de plus de 500 personnes, sont très inférieurs à leur moyenne territoriale respective. En plus de l’éducation formelle et du développement des compétences, les résidants des collectivités appliquent le savoir local et traditionnel aux problèmes de gestion des ressources et à l’adaptation aux changements environnementaux.

Revenu, emploi et industrie. Les Canadiens du Nord peuvent tirer leur revenu aussi bien d’un emploi rémunéré que d’activités de subsistance fondées sur les ressources renouvelables terrestres; par ailleurs, le travail rémunéré est de plus en plus répandu. La nouvelle administration et le développement relativement récent d’industries mondiales telles que l’exploitation des mines, du pétrole et du gaz et le tourisme contribuent dans une proportion importante au produit intérieur brut de la région, y compris ses dépenses en capital. Les sociétés autochtones de développement économique sont d’importants agents de création de la richesse; elles participent au développement économique à titre de propriétaires d’entreprises, d’exploitants, d’investisseurs et de partenaires en coentreprise. Les indicateurs économiques par habitant dépassent les moyennes nationales, même s’ils ne donnent pas une idée précise de la répartition de la richesse (voir le tableau 8). Par exemple, les collectivités locales peuvent profiter des perspectives d’emploi, mais une large part des recettes de l’extraction des ressources naturelles s’en vont ailleurs. Dans les trois territoires, le taux de chômage de longue durée dépasse la moyenne nationale. Les activités de subsistance traditionnelles telles que la chasse et le piégeage contribuent au revenu des ménages et constituent un élément important du tissu social des collectivités dans les trois territoires.
| Tableau 8 : Indicateurs socio-économiques dans le Nord comparativement aux moyennes nationales | ||||
| Canada | Yukon | Territoires du Nord-Ouest | Nunavut | |
| Produit intérieur brut par habitant ($), 2007 | 46 637 | 54 202 | 109 793 | 44 281 |
| Dépenses en capital publiques et privées par habitant ($), 2008 | 10 387 | 18 272 | 41 561 | 40 936 |
| Taux de chômage % (travailleurs de 15 ans et plus), 2006 |
6,6 | 9,4 | 10,4 | 15,6 |
| Gains comme % du revenu total (travailleurs de 15 ans et plus), 2006 | 76,2 | 83,9 | 90 | 86,5 |
| Transfert du gouvernement comme % du revenu total (travailleurs de 15 ans et plus), 2006 | 11,1 | 8,7 | 6,1 | 11,2 |
| Transfert du gouvernement comme % du revenu total (travailleurs autochtones de 15 ans et plus), 2006 | 18,1 | 15,5 | 11,7 | 17,5 |
| Valeur moyenne (par pelleterie) de la fourrure provenant de la faune ($), 2006 | 24,6 | 76,3 | 54,5 | 53,1 |
Sources : Statistique Canada, CANSIM, tableau 384-0002 et catalogue no 13-213-PPB; Statistique Canada, CANSIM, tableau 029-0005 et catalogue no 61-205-XIB; Statistique Canada — Recensement de 2006 — Profil de la collectivité; Statistique Canada, CANSIM, tableau 003-0013 et catalogue no 23-013-XIE. |
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« Au cours des 50 dernières années, le changement a été rapide. Les transports et
communications modernes, l’éducation donnée en établissement et la participation à une économie basée sur des salaires ont eu des répercussions majeures sur la langue et la culture de bon nombre d’habitants du Nord. Beaucoup d’entre nous ont fait la transition de la vie dans la nature à une participation à l’économie mondiale. D’autres sont devenus des porte-paroles respectés sur la scène internationale pour ce qui est de l’environnement et de la richesse de nos cultures uniques. Les façons de vivre d’autrefois et d’aujourd’hui se mettent continuellement au pas d’un rythme moderne, ce qui témoigne de notre résistance, de notre esprit d’innovation et de notre disposition à travailler
en partenariat.»
– Une vision nordique : un Nord plus puissant dans un Canada meilleur (2007).
Le Nord canadien subit des transformations rapides depuis plusieurs décennies. Il importe de situer le changement climatique dans ce contexte. Les stratégies et mesures potentielles d’adaptation au changement climatique nécessitent la prise en compte de trois facteurs principaux : l’évolution de la gouvernance dans le Nord et le rôle des peuples autochtones; l’évolution du paysage géopolitique, où les questions de souveraineté et de sécurité refont surface; enfin, les nouvelles perspectives de développement économique, qui ajouteront aux pressions sur l’environnement naturel et bâti.
Évolution de la gouvernance du Nord
Depuis quelques décennies, la gouvernance et les institutions gouvernementales du Nord canadien ont subi une profonde transformation caractérisée par la dévolution aux trois territoires de pouvoirs généralement attribués aux provinces ainsi que par les ententes sur les revendications territoriales et l’autonomie gouvernementale conclues avec les peuples autochtones[24]. Sur le plan constitutionnel, les gouvernements territoriaux sont assujettis au Parlement fédéral et ne possèdent aucun pouvoir législatif exclusif. La dévolution de pouvoirs du gouvernement canadien aux territoires est un processus qui a débuté au Yukon. Le gouvernement du Canada a maintenant transféré aux trois territoires du Nord des pouvoirs relatifs à un grand nombre de programmes dans des secteurs tels l’éducation, les services sociaux, la santé, le transport, le gouvernement local et le développement économique. Depuis le 1er avril 2003, le gouvernement du Yukon exerce un contrôle administratif substantiel – sans toutefois en avoir la propriété – sur les ressources naturelles qui se trouvent à la surface et en subsurface des terres publiques du territoire. Les gouvernements des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut n’ont pas encore acquis ce droit.
Les ententes sur les revendications territoriales globales et sur l’autonomie gouvernementale – les traités modernes – sont des pactes inscrits dans la Constitution entre des peuples autochtones du Nord et le Canada; ce sont donc des éléments clés de la gouvernance dans le Nord. Leur statut varie d’un territoire à l’autre et plusieurs en sont déjà aux premiers stades de la mise en oeuvre[25]. Au Yukon, l’entente-cadre sur les revendications territoriales de 1993 a servi de modèle de négociation à 14 Premières nations. Jusqu’ici, toutes les Premières nations du Yukon sauf trois ont conclu des ententes sur l’autonomie gouvernementale[26]. Quelques revendications de Premières nations des Territoires du Nord-Ouest et du nord de la Colombie-Britannique portent aussi sur des terres du Yukon. Aux Territoires du Nord-Ouest, la négociation des ententes sur les revendications territoriales et l’autonomie gouvernementale ont abouti dans certains cas, mais d’autres demeurent inachevées. Au Nunavut, la revendication territoriale des Inuits a été négociée en 1993, ce qui a donné lieu à la création du territoire lui-même en 1999. Ces traités modernes donnent aux peuples autochtones une série de droits et d’avantages qui varient d’une entente à l’autre; il peut s’agir d’une représentation au sein d’instances décisionnelles pour la gestion des terres, de l’eau et de la faune, et pour l’évaluation de l’incidence environnementale et sociale du développement, ou encore de responsabilités en matière d’infrastructure telles la gestion et l’inspection des immobilisations.
La nature évolutive des systèmes de gouvernance dans le Nord canadien diffère de la situation qui prévaut dans le sud du pays, où les administrations fédérale, provinciales et municipales ont des institutions relativement bien établies. Cet état de choses entraîne plusieurs conséquences pour l’adaptation au changement climatique. Par exemple, les gouvernements pourraient avoir à déterminer qui a la responsabilité de renforcer les capacités générales d’adaptation et de défrayer la mise en oeuvre des mesures d’adaptation. Il importe également d’établir une collaboration intergouvernementale pour éviter de travailler séparément aux mêmes objectifs et pour planifier et mettre en oeuvre des mesures d’adaptation dans les secteurs de compétence commune. L’évaluation des conséquences éventuelles des impacts du changement climatique sur les ententes transfrontalières ou de partage des ressources sera vraisemblablement un autre domaine préoccupant pour les parties prenantes du Nord. Les rôles des gouvernements en matière d’adaptation sont abordés plus en détail au chapitre 4.
Évolution du paysage géopolitique
Le Nord canadien n’est plus une région isolée à la périphérie de l’économie mondiale, mais bien une région prête à mettre en valeur sa position géopolitique et économique. L’évolution du climat modifie l’accessibilité au potentiel pétrolier et gazier de la région et enrichit les choix de navigation dans des eaux arctiques de plus en plus libres. Pour le Canada, ces deux perspectives s’accompagnent d’une série de défis liés aux lacunes des connaissances scientifiques sur les conséquences potentielles de la mise en valeur de la circulation et des ressources sur les écosystèmes, la santé humaine et la culture. Les autres défis à relever concernent les lacunes éventuelles des politiques et des règlements (p. ex. les contrôles frontaliers, la capacité d’intervention en cas d’urgence), de l’infrastructure physique et de la capacité de la région à établir et mettre en oeuvre de nouveaux régimes de gestion. Pour le Canada et les sept autres pays de l’Arctique (le Danemark, les États-Unis, la Finlande, l’Islande, la Norvège, la Russie et la Suède), l’émergence de l’Arctique en tant qu’arène stratégique est une question de politique étrangère, nationale et régionale.
Depuis quelques années, au Canada, les nouvelles de l’Arctique tendent à s’attarder aux questions de contrôle national et d’exploitation des ressources. L’attention des médias et, dans une moindre mesure, le discours politique captent l’imagination du public du sud du pays sur deux fronts : la possibilité de puiser dans les richesses sous-jacentes de la région et de ses océans, ainsi que la perception d’une concurrence entre les pays de l’Arctique pour l’établissement et la protection des intérêts souverains. Les grands titres comme « La Russie prend l’avance dans la ruée vers l’or de l’Arctique » et les déclarations politiques où le Canada s’affirme en tant que « superpuissance de l’Arctique » tendent à mettre en veilleuse le fait que la coopération internationale est essentielle à la gérance de l’Arctique[27]. L’action nationale ne suffirait pas à assurer la sécurité du transport maritime et des voies de communication à l’appui des activités d’extraction et de transport des ressources, pas plus qu’une mesure unilatérale ne serait un moyen très efficace de surveiller et gérer les processus transfrontaliers tels que le transport des stocks de poisson et la pollution transportée à longue distance.
Quelques exemples feront ressortir l’approche concertée des pays de l’Arctique sur les fronts scientifique et stratégique. L’Année polaire internationale a tablé sur des travaux scientifiques conjoints déjà existants sur les enjeux de l’Arctique et soutenu la production concertée de cartes décrivant diverses caractéristiques physiques et biologiques de l’océan Arctique[28]. Une bonne part de ces travaux se poursuivent, de même que d’autres entreprises connexes, ce qui a son importance compte tenu du rôle clé d’une base scientifique commune pour faciliter le consensus entre les ressorts sur des enjeux stratégiques difficiles. Les pays de l’Arctique, y compris le Canada, se sont engagés à collaborer à l’atteinte d’objectifs stratégiques communs par le biais des institutions existantes, dont le Conseil de l’Arctique et diverses instances multilatérales et bilatérales. Par exemple, la Déclaration d’Ilulissat de 2008 souligne l’engagement des cinq pays riverains de l’Arctique à respecter les dispositions du droit de la mer, notamment « des obligations et des droits importants en ce qui touche au tracé de la limite extérieure du plateau continental, à la protection du milieu marin, y compris les zones recouvertes de glace, à la liberté de navigation, aux recherches scientifiques marines et à d’autres utilisations de la mer[29] ». Dans certains cas, les pays riverains de l’Arctique travaillent ensemble à l’acquisition de données à l’appui de leurs revendications.
Certains pays qui n’ont pas de lien direct avec l’Arctique s’intéressent et participent aux processus de l’Arctique, ce qui en dit long sur l’importance géopolitique de cette région. L’Italie, le Japon, la Corée du Sud, la Chine et l’Inde figurent sur la liste des pays intéressés, qui continue de s’allonger[30]. En plus de mener des recherches dans l’Arctique, la Corée du Sud, par exemple, entrevoit des perspectives pour le transport commercial et maritime[31]. La Corée du Sud et le Japon cherchent tous deux à obtenir le statut d’observateur au Conseil de l’Arctique[32]. Autre exemple : le Canada et le Royaume-Uni ont récemment signé un protocole d’entente pour la collaboration en recherche polaire (dans l’Arctique et l’Antarctique), laquelle doit comprendre des échanges scientifiques et la mise en commun de l’infrastructure de recherche[33]. L’Union européenne a publié un énoncé de politique et de stratégie sur l’Arctique, reconnaissant la rapidité des modifications environnementales dans la région et leurs conséquences pour « la stabilité internationale et les intérêts européens en matière de sécurité [34] ». En général, les intérêts internationaux relèvent de trois domaines principaux : l’exploration du rôle des processus naturels de l’Arctique dans l’impulsion donnée au changement climatique à l’échelle mondiale; les connaissances relatives aux effets négatifs potentiels du changement climatique dans l’Arctique sur les écosystèmes, les activités humaines, la sécurité humaine, de même qu’aux perspectives qu’il peut ouvrir; enfin, le positionnement de chaque État en vue de tirer profit des perspectives économiques.
Récemment, le gouvernement fédéral a annoncé sa Stratégie pour le Nord du Canada, qui décrit une nouvelle vision du Nord comme « région saine, prospère et protégée au sein d’un Canada fort et souverain [35] ». Cette stratégie s’appuie sur la Stratégie pour le Nord intégrée du gouvernement fédéral et sur des investissements connexes pour combler les lacunes sur le plan des connaissances, de l’infrastructure physique et de la capacité militaire. Pour l’avenir, on peut s’attendre au renforcement de la capacité du Nord à jouer un rôle important sur la scène internationale, accompagné de la promotion des intérêts liés au développement régional durable. Les institutions existantes donnent de l’envergure à cette approche apparentée à la cogestion. L’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut reconnaît l’apport des Inuits à l’affirmation de la souveraineté du Canada dans l’Arctique et comprend des dispositions favorisant la surveillance et la gestion du territoire marin.
Croissance des perspectives de développement économique
La hausse de la demande mondiale en énergie et en autres ressources bonifie les perspectives de développement économique dans le Nord canadien. Les tendances lourdes de la consommation mondiale d’énergie indiquent une demande persistante de combustibles fossiles, dont une proportion grandissante émane des économies émergentes qui comptent sur des importations énergétiques[36]. Le Nord canadien pourrait contribuer à alimenter cette demande croissante grâce aux vastes gisements conventionnels de pétrole et de gaz naturel (voir le tableau 9)[37]. Les efforts de promotion de la mise en production des réserves dans le delta du Mackenzie et la mer de Beaufort et la construction d’au moins un gazoduc à grand diamètre dans la vallée du Mackenzie et le long de la route de l’Alaska ont débuté il y a près d’un demi-siècle. Ces infrastructures pourraient être en place et opérationnelles vers la fin de la prochaine décennie. Outre les combustibles fossiles, la région possède un important potentiel hydroélectrique. Les Territoires du Nord-Ouest, par exemple, ont aménagé jusqu’ici moins d’un pour cent de leur potentiel[38].
| Tableau 9 : Ressources pétrolières et gazières du Nord | |||
| Pétrole brut (millions de barils) |
Yukon | Territoires du Nord-Ouest |
Nunavut |
| Production en 2005 (mb/an) | Aucune | 7 | Aucune |
| Production prévue en 2020 (mb/an) | Aucune | 7 | Aucune |
| Réserves prouvées | 10 | 1 500 | 523 |
| Gaz naturel (milliard de pieds cubes) |
Yukon | Territoires du Nord-Ouest |
Nunavut |
| Production en 2005 (milliard de pi3/an) | 7 | 18 | Aucune |
| Production prévue en 2020 (milliard de pi3/an) | Aucune prévision | 694 | 345 |
| Réserves prouvées | 84 | 11 000 | 12 300 |
| Source : Le Conseil de la fédération (2007). | |||
Le Nord canadien abrite également d’abondants gisements de minerai (voir le tableau 10). Les six mines actuellement en exploitation ne sont guère représentatives du potentiel de la région. Au cours des dix dernières années, le Canada est devenu le quatrième producteur mondial de diamants de première qualité grâce à ses mines situées dans les Territoires du Nord-Ouest et, depuis peu, au Nunavut. D’importantes réserves de métaux précieux et de base (gisements d’or, de zinc, de plomb, de cuivre, d’argent, de baryum, de tungstène, d’uranium et de fer) ont été mesurées dans les trois territoires. En 2007, les territoires mobilisaient plus de 20 pour 100 des dépenses d’exploration minière au Canada[39]. Douze mines sont en attente de permis réglementaires et plus de 200 gisements de minerai en sont au stade de l’exploration. Le projet de construction d’un port et d’une route de desserte à Bathurst Inlet, au Nunavut, faciliterait l’accès à plusieurs de ces gisements. La mise en production des gisements à haute teneur en fer découverts depuis longtemps sur l’île de Baffin pourrait également devenir plus attrayante si le réchauffement des températures contribuait à prolonger la saison de navigation. La combinaison de nouveaux chantiers miniers et de l’abrègement de la saison des routes de glace ajoutera probablement aux pressions favorisant la construction de routes carrossables à l’année, ce qui est déjà fait au nord du lac Baker, au Nunavut.
| Tableau 10 : Importance continue du rôle des mines | ||||
| Mines fermées |
Mines en exploitation |
À l’étude | Au stade de l’exploration | |
| Yukon | 13 | 1 | 4 | 150 |
| Territoires du Nord-Ouest |
32-33 | 4 | 5 | 45 |
| Nunavut | 6 | 1 (en construction) | 3 | 20 |
| Sources : M. Burke, Étude géologique du Yukon; R. Silke, NWT and Nunavut Chamber of Mines; Goff et al. (2008). | ||||
On peut toutefois remettre en question la possibilité qu’un boom économique se concrétise à brève échéance. Il existe plusieurs obstacles à la mise en oeuvre d’autres grands projets de développement des ressources, qui se traduisent par une augmentation du coût des affaires dans le Nord canadien. On pense notamment aux problèmes associés aux activités dans un climat froid, au manque d’infrastructure de liaison, à la distance des marchés et aux risques d’ordre social, réglementaire et environnemental. L’incertitude associée aux échéances décisionnelles est un problème aigu, surtout à l’ère des marchés financiers mondiaux et de la concurrence pour l’attraction des capitaux menée par d’autres projets, ailleurs au Canada. Les mesures actuelles de promotion de la mise en valeur des ressources comprennent les activités géoscientifiques financées par des fonds publics, la création d’un centre pour l’innovation dans les climats froids au Yukon et des mesures d’incitation à l’investissement telles que les crédits d’impôt et le faible taux d’imposition des sociétés[40]. Les conséquences potentielles, sur le plan environnemental et social, d’un développement à grande échelle dans la région ont également leur place dans l’équation et pourraient retarder la prise de décisions et la mise en oeuvre des projets, tout comme les considérations relatives à la distribution équitable des profits générés par l’extraction des ressources[41].
Les effets durables du projet de la route de l’Alaska illustrent la gamme des problèmes sociaux et environnementaux liés au développement à grande échelle dans le Nord canadien. Au début des années 1940, l’Armée des États-Unis a construit une route passant par le Yukon et le nord de la Colombie-Britannique afin de relier l’Alaska au reste du pays. Le projet finit par inclure un pipeline et une raffinerie destinés à alimenter en carburant le chantier de voirie. La construction dura environ un an; au cours de cette période, la population de Whitehorse passa de moins de 500 personnes à plus de 20 000 habitants[42]. Les services municipaux furent complètement débordés par cet influx rapide, qui favorisa la propagation de maladies tandis que le projet laissait dans son sillage divers immeubles et équipements. Pour les Premières nations du territoire, ce projet a eu des effets mitigés : il les a rendues minoritaires et moins aptes à compter sur leur mode de vie traditionnel, mais il leur a donné accès à des services tels que les soins de santé. Les populations d’animaux sauvages ont diminué de façon importante à la suite du projet, tant à cause de l’augmentation des activités de chasse que de la destruction des écosystèmes.
En guise de stratégie de promotion de la stabilité du développement économique au cours des cycles d’expansion et de ralentissement associés aux grands projets de mise en valeur des ressources, les gens du Nord tirent aussi parti d’activités économiques de moindre envergure et plus durables. Le tourisme, par exemple, est une industrie en émergence dans le Nord canadien. Le portail Investir au Canada du gouvernement fédéral vante les perspectives d’investissement dans l’organisation de voyages, la gestion hôtelière et l’infrastructure, en mettant l’accent sur le patrimoine culturel et naturel de la région. Les stratégies de promotion du tourisme dans les territoires insistent sur la nature sauvage de la région et la possibilité de faire du tourisme fondé sur l’expérience, un genre d’activité en harmonie avec les valeurs post-matérialistes des voyageurs les mieux nantis (voir la figure 5). Le soutien de la croissance de ce secteur n’est pas exempt de problèmes. L’afflux de touristes en croisière dans l’Arctique ou de visiteurs dans les parcs nationaux impose d’énormes pressions sur les collectivités et sur les services qu’elles sont aptes à fournir (p. ex. à Pond Inlet, près du parc national du Canada Sirmilik). La navigabilité accrue des eaux de l’Arctique résultant du changement climatique pourrait augmenter le potentiel d’accueil des croisières, bien que des facteurs tels les dangers permanents de la glace de mer et les besoins en infrastructure publique risquent de freiner cette croissance. L’accès accru aux commodités touristiques du Nord et l’augmentation du nombre de visiteurs font également planer des menaces sur les écosystèmes sensibles, une considération importante pour toute stratégie de promotion touristique ou de gestion des parcs.

Notre bref survol de la région et de ses peuples, des indicateurs de la capacité d’adaptation du Nord et des pressions subies par les parties prenantes de la région nous amène à faire quelques observations pertinentes pour l’adaptation au changement climatique :
« Nous nous sentons vulnérables ici. Nous n’avons aucun endroit où nous réfugier; aucune colline à gravir, notre aéroport ne peut recevoir des avions plus gros et nous n’avons accès à aucun hélicoptère. »
- Participant à la réunion de la TRNEE d’octobre 2007 à Gjoa Haven au Nunavut.
« J’ai entendu les gens du Sud dire que nous savions comment nous adapter aux changements climatiques. Ce serait vrai si nous vivions dans la nature. Mais les jeunes ne vivent plus dans la nature et il est de plus en plus difficile de s’adapter à ce qui se passe dans le monde et chez nous. Ceux qui pensent que nous savons nous adapter ne tiennent certainement pas compte des changements mentaux, sociaux et économiques qui se produisent. »
- Participant à la réunion de la TRNEE d’octobre 2007 à Gjoa Haven au Nunavut.
Notes
4 GIEC (2007); Hansen et al. (2004).
5 Ces études comprennent notamment l’Étude pancanadienne (Mayor et Avis, 1998), le rapport Impacts et adaptation liés aux changements climatiques : une perspective canadienne (Lemmen et Warren, 2004), Vivre avec les changements climatiques au Canada : édition 2007 (Lemmen et al., 2008), et Santé et changements climatiques (Séguin, 2008).
6 Conseil de l’Arctique (2009).
7 D.S. Lemmen, communication personnelle, 19 mai 2009.
8 McBean et al. (2005); GIEC (2007).
9 Cassano et al. (2006); Hakkinen et al. (2008).
10 Ces estimations proviennent de Ressources naturelles Canada, Centre canadien de télédétection, Division GéoAccès (2001). Voir http://atlas.rncan.gc.ca/site/francais/learningresources/facts/surfareas.html.
12 Environnement Canada, Base d’informations sur l’état de l’environnement, http://www.ec.gc.ca/soer-ree/Francais/Framework/Nardesc/canada_f.cfm, consulté le 2 juin 2009.
13 Environnement Canada, Normales et moyennes climatiques au Canada 1971-2000, http://www.climate.weatheroffice.ec.gc.ca/climate_normals/index_f.html, consulté le 2 juin 2009.
14 Ces estimations proviennent de Ressources naturelles Canada, Centre canadien de télédétection, Division GéoAccès (2001). Voir http://atlas.rncan.gc.ca/site/francais/learningresources/facts/surfareas.html.
15 Environnement Canada, Base d’informations sur l’état de l’environnement, http://www.ec.gc.ca/soer-ree/Francais/Vignettes/Marine/marine.cfm, consulté le 2 avril 2009.
16 D’après les estimations de la population de Statistique Canada pour 2009. Voir http://www.statcan.gc.ca/daily-quotidien/090623/t090623a2-fra.htmhttp://www.statcan.gc.ca/daily-quotidien/090623/t090623a2-fra.htm.
17 À moins d’indication contraire, les statistiques démographiques sont des estimations tirées de Statistique Canada, Profils des communautés de 2006.
18 Voir Statistique Canada, Annuaire du Canada – Population et démographie, http://www41.statcan.gc.ca/2007/3867/ceb3867_000_f.htm, consulté le 19 avril 2009.
19 Pour plus de détails sur les projections démographiques d’ici 2030, voir http://www.statcan.gc.ca/pub/91-520-x/91-520-x2005001-fra.pdf, consulté le 2 juin 2009.
21 Estimations tirées de Statistique Canada (2006). Mortalité : liste sommaire des causes, 2003, Division de la statistique de la santé, no 84F0209XIE au catalogue.
22 Statistique Canada (2002). La santé dans les collectivités canadiennes, no 82-003 au catalogue, supplément aux Rapports sur la santé, vol. 13.
23 Estimation tirée de Statistique Canada, Profil des communautés de 2006.
24 Cette section s’inspire de Northern Canada Consulting (2007), un rapport commandé par la TRNEE. Gouvernance s’entend des processus sociétaux ou organisationnels qui guident la prise de décisions, la participation des parties prenantes et la reddition de comptes (Institute on Governance, contenu Web consulté le 21 avril 2009).
25 Affaires indiennes et du Nord Canada (AINC) résume l’état des revendications territoriales et autres dispositions connexes dans AINC (2007), accessible à http://www.ainc-inac.gc.ca/al/ldc/ccl/pubs/gbn/gbn-fra.asp.
26 Pour plus de détails sur les ententes définitives conclues avec des Premières Nations, voir le site Web du Council of Yukon First Nations, à l’adresse http://www.cyfn.ca/ouragreementsfnfa?noCache=664:1246739574.
27 “Russia Ahead in Arctic Gold Rush”, Paul Reynolds, BBC, 1er août 2007, http://news.bbc.co.uk/2/hi/in_depth/6925853.stm,
consulté le 22 avril 2009.
28 Entre autres exemples de produits, citons la carte géologique de l’Arctique publiée récemment (accessible à http://apps1.gdr.nrcan.gc.ca/mirage/db_results_f.php, carte no 5816) et la carte bathymétrique de l’océan Arctique (accessible à http://www.ngdc.noaa.gov/mgg/bathymetry/arctic/arctic.html).
29 http://www.oceanlaw.org/downloads/arctic/Ilulissat_Declaration.pdf, consulté le 22 avril 2009.
30 « Le ministre Cannon présente la politique étrangère du Canada pour l’Arctique », 11 mars 2009, http://w01.international.gc.ca/minpub/Publication.aspx?lang=fra&publication_id=386927&docnum=67, consulté le 22 avril 2009.
31 http://www.koreatimes.co.kr/www/news/special/2009/04/176_29902.html, consulté le 22 avril 2009.
32 http://www.yomiuri.co.jp/dy/national/20090420TDY03104.htm, consulté le 22 avril 2009.
33 http://www.ainc-inac.gc.ca/ai/mr/nr/j-a2009/nr000000183-fra.asp, consulté le 22 avril 2009.
34 Les priorités stratégiques de l’Union européenne pour la région de l’Arctique sont énoncées à la page http://ec.europa.eu/maritimeaffairs/arctic_overview_fr.html.
35 Gouvernement du Canada (2009). http://www.strategiepourlenord.ca/index-fra.asp, consulté le 10 août 2009. Les quatre priorités intégrées à la stratégie sont : exercer notre souveraineté dans l’Arctique, protéger notre patrimoine naturel, promouvoir le développement social et économique, améliorer et décentraliser la gouvernance dans le Nord.
36 Agence internationale de l’énergie (2008). http://www.worldenergyoutlook.org/docs/weo2008/fact_sheets_08.pdf, consulté le 22 avril 2009.
37 Ce tableau ne comprend pas les chiffres relatifs aux réserves non conventionnelles de gaz naturel (hydrates de gaz), qui sont des substances glacées faites d’eau et de gaz naturel. Ressources naturelles Canada et d’autres organismes de recherche étudient les défis et occasions associés à la mise en valeur de cette ressource. Pour plus de détails à propos des recherches sur les hydrates de gaz arctiques, voir http://gsc.nrcan.gc.ca/permafrost/arcticgas_f.php.
38 Gouvernement des Territoires du Nord-Ouest (2009). http://www.iti.gov.nt.ca/Publications/2008/energy/HYDROSTRATEGY.pdf, consulté le 10 août 2009.
39 Pour plus de détails, voir Ressources naturelles Canada, Survol des tendances observées dans l’exploration minérale canadienne, 2008, http://www.rncan.gc.ca/mms-smm/busi-indu/cme-omc-fra.htm.
40 Pour plus de détails sur les stratégies de mise en marché et les priorités d’investissement, voir le portail Web Investir au Canada du gouvernement du Canada : http://investiraucanada.gc.ca/fra/explorez-nos-regions/nord-canada.aspx.
41 Dans un rapport publié récemment sous le titre Le Nord canadien : à traiter avec respect (http://www.parl.gc.ca/40/2/parlbus/commbus/senate/com-f/enrg-f/rep-f/rep06may09-f.pdf), le Comité sénatorial permanent de l’énergie, de l’environnement et des ressources naturelles conclut que les gens du Nord doivent participer aux décisions relatives au développement économique futur de la région, notamment pour ce qui est de protéger leur environnement et leur culture.
42 Pour plus de détails, voir http://www.alaskahighwayarchives.ca.