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Échanger des idées sur le climat
Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie
www.nrtee-trnee.ca
Échanger des idées sur le climat

DEBUT DE LA BARRE DE MENU COMMUNE

2.2.2 Résultats régionaux et sectoriels

D'ici 2050 : la transition du Canada vers un avenir à faible taux d'émission -- Conseils sur la réduction à long terme des gaz à effet de serre et des polluants atmosphériques

Les répercussions apparemment peu importantes sur les résultats économiques nationaux selon le prix du dioxyde de carbone à large assise cachent des incidences régionales et sectorielles pouvant être très préoccupantes. La compréhension de la distribution réelle ou perçue de l’incidence sur les régions et les secteurs est importante puisqu’elle a tendance à orienter la politique sur les changements climatiques au Canada. Lorsque des effets sur le revenu réel ou l’emploi sont prévus, la réponse de la politique sur les changements climatiques pertinente est de maintenir le « signal » de dioxyde de carbone et de concevoir des politiques sur le revenu complémentaire et l’emploi pour amortir la transition et minimiser les bouleversements. En gardant cette question à l’esprit, la partie suivante explore l’effort régional de réduction, le prix sectoriel, les effets de la production et les coûts pour les consommateurs. Encore une fois, la TRNEE reconnaît l’incertitude inhérente de son analyse, et, par conséquent, ce qui suit devrait être considéré comme directionnel tout au plus. L’effort régional de réduction pourrait en fin de compte être uniforme, mais variera dans le temps, surtout :

  • les régions évolueront différemment au fil du temps en réaction au prix des émissions, certaines prenant des mesures précoces et d’autres tardives. Grâce à une réduction de 65 %, toutes les régions contribuent en fin de compte à des réductions plus ou moins proportionnelles à leurs émissions de base à long terme (voir la figure 10). Toutefois, à moyen terme, certaines provinces agissent d’abord en réponse aux signaux de prix, comme l’Alberta et la Saskatchewan, provinces qui parviendraient à des réductions environ deux fois supérieures à celles des autres d’ici 2020;

  • les régions ayant des niveaux d’émissions supérieurs contribuent davantage à la cible nationale de réduction. Comme l’Ontario et l’Alberta dégagent davantage d’émissions de GES, elles réduisent davantage les émissions totales. L’Ontario représente environ 20 % des réductions nationales, et l’Alberta, environ 45 %.

 

Table des matières
Sommaire

1 Introduction
1.1 Objet
1.1.1 Référence à la Loi sur la lutte contre la pollution atmosphérique
et avis de la TRNEE

1.1.2 Le cadre fédéral de réglementation et la référence de la TRNEE
1.1.3 Cadre conceptuel
1.2 Contexte général et hypothèses des conseils
de la TRNEE sur les gaz à effet de serre

1.3 La transition jusqu’à 2050

2 Gérer la transition vers un avenir à faibles émissions
2.1 Conditions de mise en oeuvre pour une bonne gestion de la transition
2.1.1 Note sur notre modélisation, nos hypothèses et nos avertissements
2.1.2 Le Canada agit de concert avec le reste du monde
2.1.3 La certitude de la politique au-delà du court terme est indispensable
2.1.4 Prix des émissions appliqué à toutes les sphères
de l’économie accompagné de politiques complémentaires

2.1.5 Le déploiement de la technologie sera impératif
2.1.6 Réductions des polluants atmosphériques et démarche intégrée
2.2 Comprendre le risque économique et les incertitudes de la transition
2.2.1 Perspectives de croissance économique nationale à long terme
2.2.2 Résultats régionaux et sectoriels
2.2.3 L’importance des conditions habilitantes

3 Principales constatations et recommandations

4 Vers l’avenir

5 Annexe
5.1 Lettre de référence de la ministre de l’Environnement
5.2 Approche de la TRNEE à la référence
5.3 Glossaire
5.4 Recherches commandées par la TRNEE à l’appui de la référence
5.5 Principales caractéristiques du modèle d’économie d’énergie : SCMI
5.6 Messages des réunions régionales dans tout le Canada
5.7 Participants aux réunions – Recherches de la TRNEE
sur l’air pur et les changements climatiques – 2007

 

Tableau 10 : Effort de réduction des émissions provinciales de GES pour 20 %/65 %

Part des réductions nationales et sous la base de référence régionale

 

 

   
  2020 – base de référence -20 % en 2020 2050 – base de référence -65 % en 2050
  Part des émissions nationales Part des réductions nationales Réductions sous la base de référence Part des émissions nationales Part des réductions nationales éductions sous la base de référence
Colombie-Britannique 12 % 9 % -14 % 10 % 9 % -58 %
Alberta 36 % 48 % -24 % 43 % 43 % -66 %
Saskatchewan 6 % 10 % -27 % 5 % 6 % -72 %
Manitoba 2 % 1 % -13 % 1 % 1 % -61 %
Ontario 27 % 20 % -14 % 27 % 27 % -66 %
Québec 11 % 7 % -13 % 9 % 9 % -64 %
Atlantique 6 % 5 % -14 % 5 % 5 % -66 %

L’effort sectoriel de réduction ne sera probablement pas uniforme au fil du temps, car certaines provinces interviennent plus tôt que d’autres. Plus particulièrement, les secteurs industriels et de l’approvisionnement énergétique seraient susceptibles de parvenir à des réductions des émissions plus importantes d’ici 2020, mais en 2050, il pourrait plus ou moins y avoir une convergence puisque les secteurs résidentiel, du transport et commercial se rattraperont en réaction aux prix plus élevés des émissions. La figure 11 ci-dessous présente la distribution dans le temps d’un effort de réduction par secteur. Les réponses différentes des secteurs en ce qui a trait au moment et à l’ampleur révèlent la nécessité d’établir un signal de politique flexible sur les changements climatiques, tel que le prix des émissions que nous avons préconisé dans ce rapport de consultation.


Tableau 11 : Effort sectoriel de réduction

  2020 2050
Canada -20 % -65 %
Résidentiel -15 % -70 %
Commercial/institutionnel -13 % -64 %
Transport -7 % -61 %
Industriel total -17 % -64 %
Produits chimiques -13 % -67 %
Minéraux industriels -36 % -75 %
Fer et acier -6 % -54 %
Fusion des métaux non ferreux -5 % -49 %
Métaux et mines de minerais -9 % -37 %
Autres industries manufacturières -14 % -66 %
Pâtes et papiers -32 % -71 %
Approvisionnement énergétique -26 % -68 %
Mines de charbon -3 % -13 %
Production d’électricité -23 % -72 %
Extraction de gaz naturel -10 % -33 %
Extraction de pétrole brut -41 % -69 %
Raffinage de pétrole -14 % -75 %

Les impacts de la rentabilité sectorielle et les bouleversements économiques possibles semblent plausibles selon une réduction de 45 ou de 65 %, même lorsque nous présumons que le monde (et surtout les États-Unis) agit collectivement pour réduire les émissions de GES. La mesure dans laquelle la production des entreprises nationales pourrait chuter également et dans laquelle les effets de la rentabilité s’intensifient sera fonction de l’ampleur de l’augmentation des prix des produits par rapport aux concurrents internationaux. La logique de cette assertion est directe et débute par l’incidence du prix des émissions sur les prix des produits. Sur les marchés intérieurs qui n’ont pas beaucoup de concurrence internationale, les entreprises canadiennes font face au même prix des émissions comptant des répercussions différenciées par les coûts relatifs de la réduction et les intensités des émissions, où les entreprises à plus forte intensité en dioxyde de carbone sont confrontées à des coûts plus élevés et probablement à des parts de marché plus petites. Dans ce cas, le principal déterminant de la rentabilité ou le principal impact économique sera une demande réduite pour le produit, telle qu’une réduction de la demande nationale en charbon, telle qu’elle est illustrée à la figure 12 ci-dessous. Pour les secteurs exposés à la concurrence internationale, soit sur les marchés intérieurs, soit sur les marchés internationaux, l’incidence sera plus fortement liée aux prix relatifs des émissions entre les pays. Si tous les pays agissent plus ou moins ensemble quant aux prix des émissions, les impacts de la compétitivité disparaissent grandement. Toutefois, si les pays n’avancent pas ensemble et si le Canada impose des limites importantes en matière d’émissions, les impacts sur la compétitivité seront plus prononcés, se traduisant par des réductions de la rentabilité.

Tableau 12 : Incidences sur les coûts de la production et la production

  Changement des coûts de production relatif au MSQ Changement de la production relatif au MSQ
  2020 2050  2020 2050
Résidentiel 6 % 1 % -8 % -5 %
Commercial/institutionnel 1 %  1 %  -2 % -2 %
Transport 8 %  1 % -6 % -5 %
Industriel        
Produits chimiques 17 % 15 % -6 % -5 %
Minéraux industriels 24 % 20 % -49 % -50 %
Fer et acier 9 % 13 % -3 % -4 %
Fusion des métaux non ferreux 7 % 7 %  -3 % -2 %
Métaux et mines de minerais 3 % 6 % -2 % -7 %
Autres industries manufacturières 5 % 5 % -1 % -1 %
Pâtes et papiers 2 % 2 % -6 % -2 %
Approvisionnement énergétique      
Mines de charbon 25 % 93 %  -6 % -20 %
Production d’électricité 31 % 24 % 6 %  35 %
Extraction de gaz naturel 19 % 39 % -4 % -9 %
Extraction de pétrole brut 30 %  34 % -3 % -5 %
Raffinage de pétrole 6 % 6 %  -12 % -50 %

La figure 12 trace certains des résultats possibles des prix et de la production selon notre scénario dans lequel le Canada agit avec le monde industrialisé pour parvenir à des réductions importantes. En tenant compte des prix des émissions de cette situation, on s’attendrait à ce que le système énergétique national évolue vers des sources d’énergie à moins forte intensité de dioxyde de carbone. C’est ce que l’on peut observer dans notre modélisation, ainsi qu’une croissance importante des sources d’électricité à faible émission (+35 % des projections du maintien du statu quo) et d’importantes réductions des produits pétroliers raffinés à forte intensité en dioxyde de carbone (-50 %) et en charbon (-20 %). La figure 13 présente l’offre et l’alimentation en combustible connexes selon une situation de réduction de 65 % à long terme. La production de pétrole et de gaz demeure plus ou moins inchangée dans notre situation, ce qui reflète l’observation selon laquelle la demande mondiale constante en pétrole orientera les exportations d’énergie, même en tenant compte des contraintes des émissions mondiales et de la hausse des coûts de la production intérieure. Si les exportations de produits du charbon et du pétrole suivent cette possibilité, les baisses de la production observées à la figure 13 pourraient être réduites. Cela étant dit, il faudrait ensuite traiter de la question connexe de la hausse des émissions (ou fuites) mondiales comportant davantage d’exportations énergétiques canadiennes.La réduction de la production des secteurs industriels, soit en réponse à des prix de l’énergie supérieurs, soit comme option de réduction, pourrait être faible globalement. Notre modélisation révèle des diminutions inférieures de 3 % aux niveaux des prévisions en 2020 et de 4 % en 2050. Certains secteurs, comme celui des pâtes et papiers, peuvent investir plus tôt et connaître des diminutions de la production transitionnelles qui sont grandement réduites à la longue. D’autres secteurs comme les métaux et les mines de minerais peuvent faire des investissements tardifs en réaction aux prix supérieurs des émissions. La seule exception à ce scénario de l’effet d’une faible production globale porte sur les minéraux industriels, lesquels comprennent principalement le ciment. Ce secteur pourrait connaître d’importantes réductions de la production attribuables à des coûts élevés de réduction qui font augmenter les prix des produits de manière significative (p. ex. 30 %), réduisant ainsi la demande. Dans l’ensemble, les stocks provinciaux et nationaux du marché résidentiel demeurent stables, présentant certaines réductions à moyen terme en 2020, mais un retour aux prévisions du MSQ d’ici 2050. La quantité d’immeubles commerciaux et le secteur du transport demeurent inchangés en ce qui a trait à leur importance, mais ils devraient plutôt réduire considérablement leur intensité en carbone.

Tableau 13 : Changement à la combinaison énergétique par secteur

Résidentiel Transport
  2020 2050   2020 2050
Gaz naturel -4 % -6 % PPR -1 % -57 %
PPR* -5 % -28 % Électricité 0 % 11 %
Électricité 9 % 35 % Hydrogène 0 % 5 %
Bois 0 % 0 % Renouvelable 0 % 40 %
Industriel Électricité
  2020 2050   2020 2050
Gaz naturel -3 % -6 % Gaz naturel 4 % 8 %
Charbon 0 % -1 % Charbon -11 % -29 %
PPR -6 % -19 % PPR 0 % -2 %
Électricité 4 % 18 % Renouvelable 7 % 23 %
Bois 5 % 7 %      

* Produits pétroliers raffinés

Pour le ménage moyen, des effets de prix peuvent être prévus, les « pertes » et les « gains » étant liés aux réductions importantes de GES. Toutefois, ces effets de prix ne sont probablement pas étrangers aux fluctuations continues des prix de l’énergie que nous avons connus et, ainsi, les coûts accrus de l’énergie pour les ménages sont probablement importants, mais pas significatifs.

  • Des hausses des prix de l’électricité de l’ordre de 50 % d’ici 2050 pour les ménages peuvent être prévues dans les provinces à forte intensité en dioxyde de carbone, comme l’Alberta et l’Ontario. Les effets des prix de l’électricité dans les autres provinces seraient probablement inférieurs. Pour le chauffage local et l’eau chaude dans les maisons, les coûts du gaz naturel pourraient augmenter d’environ 60 % d’ici 2050, ce qui est bien en dessous des récentes fluctuations des prix. Les prix de l’essence pourraient sensiblement doubler par rapport à leur niveau antérieur d’ici 2050. Pour remettre cela en contexte, les prix de l’essence au détail au Canada en 2005 ont fluctué de 0,80 à 1,20 $ le litre et ont clôturé l’année à environ 1,05 $ le litre.

  • Bien que de nombreux coûts d’énergie puissent augmenter, il peut également y avoir des économies pour les ménages. Les ménages pourraient consommer considérablement moins d’énergie en raison de l’effet combiné des règlements de construction qui augmentent l’efficacité énergétique et le prix des émissions, lesquels augmentent l’efficacité énergétique et la conservation de la demande. Dans notre évaluation, les dépenses de l’énergie totale par ménage chutent de 15 %, malgré les hausses de prix. Le coût de ces économies représente une augmentation des dépenses en capital pour les mesures d’efficacité énergétique, mais l’effet global est positif et des économies globales nettes pour les consommateurs peuvent être réalisées.

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