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Échanger des idées sur le climat
Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie
www.nrtee-trnee.ca
Échanger des idées sur le climat

DEBUT DE LA BARRE DE MENU COMMUNE

2.1.6 Réductions des polluants atmosphériques et démarche intégrée

D'ici 2050 : la transition du Canada vers un avenir à faible taux d'émission -- Conseils sur la réduction à long terme des gaz à effet de serre et des polluants atmosphériques

Il est démontré que les polluants atmosphériques, notamment les COV, les SOx, les NOx et les MP[29] (seuls ou en combinaison de smog et de pluie acide), causent des effets défavorables sur la santé et l'environnement. Les preuves scientifiques indiquent une forte corrélation entre les concentrations dans l'air ambiant des polluants et les effets très défavorables sur la santé humaine, variant de problèmes respiratoires, tels que l'asthme et la bronchite chronique, à des morts prématurées et à une mortalité accrue. D'un point de vue environnemental, le smog a été lié à une productivité réduite des plantes, donnant lieu à une réduction du rendement des cultures agricoles et de la croissance de la végétation forestière. La pluie acide et le dépôt acide des émissions de SOx et de NOx présentent également une menace bien connue pour les écosystèmes, notamment pour les lacs et les forêts.

La TRNEE a étudié les cibles nationales de réduction potentielle des émissions à long terme (2050) d'un certain nombre de polluants atmosphériques, notamment les SOx, les NOx, les COV et les MP. Plus précisément, nous avons évalué les réductions potentielles des émissions de 50 et de 80 % sous les niveaux actuels. Nous avons également étudié une démarche intégrée par laquelle des réductions importantes des émissions de GES et de polluants atmosphériques pourraient être atteintes dans les mêmes délais (au moyen d'une cible de réduction des GES de 65 % et de cibles de réduction des polluants atmosphériques de 50 %). Le but de cette analyse intégrée consistait à évaluer les effets intégrés parmi les voies d'établissement des prix pour les deux cibles des GES tout en intégrant les avantages mutuels et les effets intégrés des prix superficiels pour les polluants atmosphériques. Nous avons exploré dans quelle mesure nous pourrions tirer profit des réductions mutuelles pour réduire le prix des GES et encore atteindre une cible de réduction des GES de 65 %.

La section suivante traite d'abord des conclusions de l'analyse des polluants atmosphériques et ensuite des conclusions d'une démarche intégrée.

Réduction des polluants atmosphériques

Comme pour les émissions de GES, les émissions de polluants atmosphériques anthropiques découlent principalement de la combustion de combustibles fossiles. Toutefois, les émissions de polluants atmosphériques diffèrent de trois façons importantes. D'abord, l'effet le plus important se situe dans la zone locale près de la source des émissions. Ensuite, la plupart des polluants atmosphériques ont un délai de résidence assez court dans l'atmosphère. Les impacts peuvent donc varier beaucoup au fil du temps. Enfin, bien que les émissions de GES à combustion puissent être étroitement liées à la quantité de combustible fossile consommé, les émissions de polluants atmosphériques à combustion peuvent varier grandement selon les conditions, le secteur, la qualité des combustibles et le contrôle des émissions au point de rejet. En raison de ces différences, les prévisions produites dans la modélisation réalisée pour la TRNEE devraient être considérées comme des indicateurs des tendances globales plutôt que des valeurs précises.[30]

Table des matières
Sommaire

1 Introduction
1.1 Objet
1.1.1 Référence à la Loi sur la lutte contre la pollution atmosphérique
et avis de la TRNEE

1.1.2 Le cadre fédéral de réglementation et la référence de la TRNEE
1.1.3 Cadre conceptuel
1.2 Contexte général et hypothèses des conseils
de la TRNEE sur les gaz à effet de serre

1.3 La transition jusqu’à 2050

2 Gérer la transition vers un avenir à faibles émissions
2.1 Conditions de mise en oeuvre pour une bonne gestion de la transition
2.1.1 Note sur notre modélisation, nos hypothèses et nos avertissements
2.1.2 Le Canada agit de concert avec le reste du monde
2.1.3 La certitude de la politique au-delà du court terme est indispensable
2.1.4 Prix des émissions appliqué à toutes les sphères
de l’économie accompagné de politiques complémentaires

2.1.5 Le déploiement de la technologie sera impératif
2.1.6 Réductions des polluants atmosphériques et démarche intégrée
2.2 Comprendre le risque économique et les incertitudes de la transition
2.2.1 Perspectives de croissance économique nationale à long terme
2.2.2 Résultats régionaux et sectoriels
2.2.3 L’importance des conditions habilitantes

3 Principales constatations et recommandations

4 Vers l’avenir

5 Annexe
5.1 Lettre de référence de la ministre de l’Environnement
5.2 Approche de la TRNEE à la référence
5.3 Glossaire
5.4 Recherches commandées par la TRNEE à l’appui de la référence
5.5 Principales caractéristiques du modèle d’économie d’énergie : SCMI
5.6 Messages des réunions régionales dans tout le Canada
5.7 Participants aux réunions – Recherches de la TRNEE
sur l’air pur et les changements climatiques – 2007

 

Selon notre recherche sur les réductions potentielles de polluants atmosphériques, la TRNEE fait les observations suivantes :

  • Il est possible de réaliser des réductions des émissions de NOx et de SOx pouvant atteindre 50 % d'ici 2050 grâce à des signaux de prix des émissions relativement modestes. Toutefois, pour les MP et les COV, les émissions élevées de niveau de processus rendent onéreuses ces importantes réductions.

  • Les recherches indiquent que pour atteindre des réductions des MP de l'ordre de 50 %, il faut diminuer la production industrielle dans certains secteurs, notamment ceux des sables bitumineux et des mines. Cela est attribuable au fait que d'importantes parties des réductions sont liées au procédé sans mesure d'atténuation connue. La réduction de la production est une option onéreuse pour diminuer les émissions et elle nous mène à une conclusion selon laquelle les réductions des MP de l'ordre de 50 % sont très onéreuses.

  • Pour les COV, la réglementation ciblée peut s'avérer nécessaire étant donné le grand nombre de très petites sources et les émissions élevées de niveau de processus pour lesquelles les technologies de contrôle ne sont pas efficaces.

  • Pour atteindre des réductions très importantes supérieures à 50 %, il faut établir des signaux de prix beaucoup plus élevés. Par exemple, les prix des émissions requis pour atteindre la cible très significative pour les NOX et les SOX sont environ de six à dix fois supérieures au prix requis pour atteindre la cible significative. Cela révèle que les coûts marginaux de la réduction des émissions de NOX et de SOX augmenteront considérablement si les décideurs souhaitent réduire ces émissions de polluants atmosphériques de 80 %.

Les recherches révèlent que les incidences sectorielles des réductions importantes des émissions à long terme ne sont pas divisées uniformément. Le secteur du transport est responsable d'une grande partie des réductions des émissions de NOx, de MP10 et de COV. Cependant, ces réductions sont en grande partie le résultat de règlements établis à mettre en œuvre dans un proche avenir, et par conséquent, elles surviendront peu importe les prix des émissions (et non en raison de ceux-ci).

La répartition des réductions des émissions restantes dépend grandement du polluant atmosphérique en cause. En général, les secteurs qui contribuent le plus aux réductions ont enregistré des taux d'émission élevés en 2005 et de faibles coûts marginaux de réduction. Par exemple, les réductions des émissions de SOx sont très concentrées dans le secteur de la production d'électricité, qui fournit 26 % des niveaux de 2005 présumés dans le modèle et dont le coût marginal de réduction est relativement faible. Dans certains secteurs, le prix des émissions est insuffisant pour entraîner une réduction des émissions de 2005 à 2050. Par exemple, l'industrie de l'extraction du pétrole brut connaît une augmentation des émissions de SOX de 2005 à 2050 lorsque le prix -50 % national est mis en œuvre, simplement en raison du fait que l'activité globale est presque cinq fois plus grande. Dans ces cas, le prix des émissions n'est pas assez important pour contrebalancer les effets des émissions de la production accrue du secteur.

Démarche intégrée

Les émissions industrielles de GES et de polluants atmosphériques représentent respectivement environ 50 % des émissions totales dans l'atmosphère du Canada et partagent de nombreuses sources. Par conséquent, il est sensé d'explorer la possibilité de traiter des deux sources selon une démarche réglementaire intégrée.

La première conclusion de cette évaluation est qu'une démarche intégrée réduit les prix relatifs aux réductions des émissions. Plus précisément, les recherches démontrent que le prix des GES nécessaire pour atteindre la cible de -65 % est très inférieur lorsqu'il est mis en œuvre avec les prix des polluants atmosphériques plutôt que seul (figure 8). Les prix des polluants atmosphériques encouragent l'investissement dans des technologies et des procédés plus efficaces et des émissions plus faibles, et par conséquent, les prix des GES n'ont pas à être aussi élevés pour atteindre la cible. Cette conclusion confirme que la réduction des copolluants GES et l'évaluation des polluants atmosphériques font diminuer efficacement le prix final des GES requis pour atteindre la cible.

De nombreuses mesures de réduction des émissions de GES diminuent également les émissions de polluants atmosphériques. Par exemple, les politiques sur les changements climatiques axées sur l'efficacité énergique améliorée réduiront également les polluants atmosphériques liés à la production de l'énergie, améliorant ainsi la qualité de l'air local. L'utilisation de la CSC élimine la plupart des émissions de SOx et de MP liées à la combustion. Le combustible passant du charbon au gaz naturel diminuera les émissions de polluants atmosphériques. Dans le même ordre d'idées, les politiques qui ciblent les polluants atmosphériques, particulièrement les SOx, encouragent le passage du charbon à forte intensité de soufre (et à forte intensité de GES) au gaz naturel et à l'électricité à moins forte intensité de soufre (et à forte intensité de GES).

Tableau 8 : Comparaison des prix des GES nécessaires pour atteindre la cible de GES -65 % lorsque le prix des GES est mis en œuvre seul ou en combinaison avec les prix des polluants atmosphériques

La deuxième conclusion principale de cette analyse est qu'une démarche intégrée se traduira probablement par des avantages mutuels liés aux réductions des polluants atmosphériques. Par exemple, notre recherche révèle que le prix des SOx qui atteint une réduction de 50 % lorsqu'il est mis en œuvre seul entraîne une réduction de 83 % lorsqu'il est mis en œuvre avec les redevances sur les émissions de GES et d'autres polluants atmosphériques.

En conclusion, la recherche de la TRNEE laisse entendre que les possibilités de réduire les émissions de GES et de polluants atmosphériques sont grandes dans une démarche intégrée. La prise de mesures de réduction des émissions de polluants atmosphériques relativement abordables, provoquées par le coût des émissions, peut réduire grandement le prix des émissions de GES nécessaire pour atteindre des cibles importantes tout en réduisant la pollution atmosphérique locale.

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